La Poste veut faire travailler ses salariés le dimanche

L’attitude de La Poste pose un débat récurrent : l’homme est il fait pour le travail, ou le travail pour l’homme. Ici, la Poste se donne pour mission « d’accompagner le e-commerce ». C’est à dire que sous le prétexte que les serveurs Internet fonctionnent 7/7 (et 24/24), la Poste entend demander à ses salariés de s’aligner sur le rythme des machines. Il n’est pas certain que ce soit la bonne voie.

Du temps où un certain Macron était ministre de l’économie, il avait tenté de faire peur à tout le monde en évoquant Amazon pour justifier les dispositions anti-dominicales qu’il mit en place par la suite dans la loi du même nom. Il avait juste oublié que les salariés d’Amazon sont soumis aux mêmes règles que les autre salariés français, et que le succès d’Amazon n’est pas lié au travail du dimanche, du moins en France, mais à l’excellence de son organisation. La Poste devrait plutôt miser sur l’excellence que sur la tricherie, pour concurrencer les autres entreprises.

Avec Chronopost, le travail du dimanche gagne encore du terrain

L’entreprise livrera désormais le dimanche matin dans les grandes villes. La CGT et Sud dénoncent une décision unilatérale.

Le principe du repos dominical, déjà bien ébréché par la loi Macron en 2015 qui autorisait l’ouverture de très nombreux magasins le dimanche, est de nouveau attaqué, cette fois-ci dans le secteur de la livraison.

Chronopost, la filiale de livraisons de colis du groupe La Poste, a annoncé jeudi qu’elle assurerait désormais des livraisons le dimanche dans les quatorze principales villes de France et en Île-de-France à compter du 19 novembre.

« Nous allons déployer cette solution sur 1 000 codes postaux qui correspondent à 50 % de la population française, avec la possibilité d’être livré le dimanche entre 9 heures et 13 heures », a détaillé lors d’une conférence de presse le directeur de la communication de Chronopost, Frédéric Bernard.

Cette décision intervient alors qu’une expérimentation d’un an a été réalisée, avec le site de commerce en ligne CDiscount, à Paris et dans les Hauts-de-Seine, avec en moyenne plusieurs centaines de livraisons chaque dimanche.

« Il nous manquait un jour de livraison et cela répond aux attentes de nos clients. 92 % de ceux que nous avons interrogés voulaient avoir le choix entre le samedi et le dimanche, 38 % étaient même prêts à payer plus cher dans ce but », a détaillé M. Bernard, qui souligne également « une forte attente du côté vendeur ».

Les syndicats protestent

Chronopost espère atteindre les 10 000 livraisons lors du dimanche précédent Noël et vise pour 2018 « un rythme de croisière de 15 000 colis livrés » chaque dimanche.

En moyenne, l’entreprise livre 600 000 colis par jour en France, dont 190 000 en provenance des entreprises de commerce en ligne.

Les syndicats CGT et SUD ont contesté cette décision « unilatérale », estimant qu’il s’agissait d’un « bouleversement profond pour l’entreprise comme pour ses salariés » ainsi que pour les « organisations du travail et la qualité du service rendu, tout comme la répartition des jours travaillés dans la semaine ».

La CGT annonce avoir « saisi l’inspection du travail pour contraindre Chronopost à respecter ses obligations » car les instances représentatives du personnel « n’ont pas été consultées ».

De son côté, SUD PTT a dit « réprouver » ces livraisons dominicales. Le syndicat dénonce le recours « à la sous-traitance » qui « maintient précarité et bas salaires dans une activité qui pourtant connaît une forte croissance ».


Source : Politis. Voir aussi FranceInfo, PresseOcéan

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