C’est un article engagé que nous livre Emmanuel Cugny. Pour lui, c’est tout simple, la grande distribution a créé de l’emploi – 1000 emploi selon lui, le CA des enseignes a grimpé de 8 à 10%, et le tout s’est fait dans une bienheureuse inversion des normes et un dialogue social gagnant-gagnant.

Sauf que ses arguments, que l’on croirait tout droit sortis de la cellule de communication de l’Élysée, ne sont pas exacts. Car s’il nous dit que le CA des grandes enseignes a augmenté, il ne nous dit rien de la diminution de CA des autres enseignes : dans un marché à la croissance atone, quand un secteur augmente, c’est qu’un autre décroit. S’il nous dit que 1000 emplois ont – peut-être – été créés, combien d’autres sont-ils menacés par cette cannibalisation ? Et quid de la précarité de ces nouveaux emplois ? Et pour ce qui est de l’inversion des normes, qui est la possibilité de cumuler le code du travail le plus complexe du monde avec la dérégularisation libérale la plus sauvage du monde, il nous permettra de ne pas le rejoindre dans son optimisme irénique.

Le décryptage éco. Travail dominical, bilan positif

Tous les grands magasins parisiens vont être ouverts le dimanche, à partir du 11 juin. 18 mois après le vote de la loi sur l’ouverture le dimanche, le bilan est très positif.

A partir du dimanche 11 juin, tous les grands magasins parisiens seront ouverts sept jours sur sept. Près de deux ans après le vote de la loi sur le travail dominical, le Printemps du boulevard Haussmann à Paris sera en effet le dernier à rejoindre les enseignes qui ont succombé à la tentation, avec ceux de province.

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Deux ans après l’adoption de la loi Macron, l’ouverture des commerces le dimanche gagne progressivement du terrain. Et si les grandes surfaces se frottent les mains, cela ne réjouit pas forcément les organisations syndicales et les salariés. « À la CFTC nous sommes contre parce que l’on pense que dans la société, il faut un temps où les choses sont plus calmes », défend Joseph Thouvenel, vice-président de l’organisation syndicale.

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ZOOM Sur le parking d’un supermarché à Cabourg, / Mychèle Daniau/AFP

ENTRETIEN. Le travail du dimanche engendre une « perte sèche » de sociabilité, et les Français y sont moins favorables qu’on ne le croit, selon Laurent Lesnard, sociologue au CNRS et à Sciences-Po.

La Croix : Vous avez étudié les effets du travail du dimanche sur la vie familiale et sociale (1). Quelles sont vos conclusions ?

Laurent Lesnard : Pour bien comprendre ces effets, il faut rappeler le rôle que joue le dimanche dans notre société. À mesure que le travail des femmes s’est généralisé, c’est devenu la principale journée passée en famille et/ou avec des amis, un temps essentiel pour la vie en société.

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Après le patron de la FNAC, le patron de Darty saute dans le train en marche : lui aussi, voudrait bien ouvrir le dimanche. Motif invoqué, la concurrence d’Internet, argument pour lequel M. Schultz mériterait amplement des palmes. Mais pas celle de l’honnêteté.

En effet, de même que la FNAC, DARTY a ouvert un site internet de vente en ligne, qui fonctionne parfaitement bien le dimanche. Et même, s’est depuis 2014 converti au concept de marketplace. Magasin ou site, c’est le même vendeur, pourquoi M. Schultz protesterait-il contre son propre site Internet ?

La réponse est assez simple. Darty se bat contre Boulanger. Or Darty est mieux implanté dans les villes, que Boulanger, en périphérie. En demandant une ouverture dimanche, un certain nombre de citadins qui s’ennuient vont pousser la porte de Darty. Or dans un magasin, tout est fait pour empêcher le consommateur de comparer, de réfléchir, et pour l’inciter à consommer. CQFD. M. Schultz veut tout simplement obliger le législateur à contraindre ses salariés de se battre contre Boulanger le dimanche, avec la complicité du journal Le Monde, qui publie sans barguigner ses propos absurdes. 

Rien que ça. Mais le pire est qu’il risque fort de réussir. La Gauche n’est plus ce qu’elle était… 

 

Le Monde, 18/04/2015

Alors que le projet de loi Macron est en cours d’examen au Sénat, le président de Darty France et directeur général de Darty PLC, Régis Schultz, affiche un très fort agacement sur la question du travail du dimanche, qui est l’une des composantes de ce texte – non encore abordée à ce jour par les sénateurs. Il va même jusqu’à considérer que « tout est fait aujourd’hui en France pour que se développe [la vente sur] Internet et pas les magasins », tempête-t-il.

« L’Etat préfère se tirer une balle dans le pied en laissant Internet prendre [les ventes du] dimanche. Or Internet, c’est trois fois moins d’emplois et trois fois moins de taxes, et par conséquent de revenus pour l’Etat », poursuit M. Schultz, qui se dit « choqué » par la position exprimée sur ce sujet du travail dominical par Martine Aubry, qui, à ses yeux, « revient à dire que le travail, c’est mal ». En décembre 2014, la maire de Lille avait, dans une tribune dans Le Monde, attaqué l’extension du nombre d’ouvertures le dimanche inscrite dans le projet de loi Macron, affichant sa volonté de combattre « cette régression pour notre société ».

  

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CFTC paris, 24/03/15

Aujourd’hui nous allons commencer par une devinette : Qu’est-ce-qui rassemble Confédération Française des travailleurs Chrétiens, l’union nationale des syndicats de détaillants des fruits et légumes primeurs, Haïm Korsia grand Rabbin de France, l’Union Professionnelle Artisanale, Edouard Leclerc des magasins Leclerc, la fédération Nationale de l’habillement, la CGT, la chambre syndicale des métiers de l’artisanat de Paris, Serge Papin patron de système U, Monseigneur André vingt-trois, l’association osez le féminisme, les Associations familiales catholiques, Christophe Rollet patron de point S, le pasteur Clavairoly de la Fédération Protestante de France, la CGPME confédération générale des petites et moyennes entreprises, femmes égalité, l’assemblée des évêques orthodoxes de France, le syndicat de l’enseignement professionnel public et bien d’autres encore ?

Réponse : La lutte contre le développement du travail dominical, appelé aussi : cupidité du dimanche. Ce que montre cette liste à la Prévert c’est tout simplement, que l’ensemble des corps intermédiaires, à quelques rares exceptions près, sont contre l’augmentation de l’ouverture des grandes surfaces le dimanche.

Leurs motivations peuvent être différentes, pour Michel Edouard Leclerc, un jour d’ouverture supplémentaire ce n’est pas plus de ventes, mais des ventes étalées sur 7 jours au lieu de 6 et donc un  chiffre d’affaire équivalent, mais des charges supplémentaires. C’est exactement ce qu’à pu mesurer le patron de Bricorama en comparant son chiffre d’affaire 2013 où ses magasins étaient fermés le dimanche et celui de 2014 où ils étaient ouverts. Le chiffre d’affaire est resté constant. Celui qui achète dorénavant une brouette le dimanche, ne repasse pas en semaine en acheter une autre.

Élémentaire mon cher Macron !

Pour les artisans et commerçants, il s’agit tout simplement de leur survie. Avec le rouleau compresseur de la grande distribution 7 jours sur 7, adieu marchés traditionnels et commerces de proximité.

Les libéraux intelligents devraient donc défendre le repos dominical, même s’ils se fichent comme de leur premier dividende de la préservation d’un temps pour la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle. Leur approche devrait être celle de la liberté du commerce et la lutte contre les monopoles.

Quand les grands enseignes auront fini de tuer le commerce de proximité, elles auront la main tout à la fois sur la distribution et la production, à qui elles pourront imposer leurs conditions.

Les socialistes, dont beaucoup évoquent avec des trémolos dans la voix, les mânes du grand Jaurès, devraient justement appliquer les préceptes du député du Tarn concernant le dimanche. Il les a très bien exposés dans un ouvrage intitulé : « De la célébration du dimanche considérée sous les rapports de l’Hygiène publique, de la moral, des relations familiales et de cité. »

Et pourtant une grande partie de nos élus continue à vouloir tuer le repos dominical. A croire qu’ils vivent dans un autre monde que le nôtre.

À la semaine prochaine !


FIGAROVOX/ OPINION 22/2/15  – Alors que la loi Macron prévoit d’aménager le travail du dimanche, Paul Piccarreta rappelle l’importance du repos dominical dans le christianisme.

Pourquoi le travail du dimanche ne scandalise pas tous les chrétiens? C’est la question que se posait le journaliste Sébastien Lapaque, dans La Vie, il y a un an. Elle était légitime. Dans l’histoire moderne, le christianisme est la religion qui s’est emparée le plus spontanément de la question du travail. Si l’on prend le temps de lire son histoire sur ce point-là, on découvre une vision de l’homme aux antipodes de certains réflexes actuels.
 
Dans l’histoire moderne, le christianisme est la religion qui s’est emparée le plus spontanément de la question du travail.
 
Sur la loi Macron, on pourra donc regretter le relatif manque de mobilisation des chrétiens. Après tout, le combat de certains contre le Mariage pour tous annonçait une prise de conscience sociale. Les notions d’ «inégalités» et de «marchandisation» avaient été les maîtres mots des derniers rassemblements. De la part d’une droite catholique souvent assimilée à la bourgeoisie, on voyait naître là une attention particulière au lien social. Mais Lapaque avait peut-être raison de s’inquiéter:
 
«Si c’est la famille millénariste que voulaient protéger ceux qui sont bruyamment descendus dans la rue pour dire qu’ils ne lâcheraient rien, ils déploieraient autant d’énergie à défendre le repos du septième jour prescrit par le Seigneur dans le livre de l’Exode. En quête de valeurs susceptibles de les distinguer de la gauche sociale-libérale au pouvoir, la droite révolutionnaire a exagéré la réalité de ses convictions morales.» La Vie, 17 janvier 2014.
 
Doit-on préciser qu’il n’est pas essentiel d’être marxiste pour défendre une certaine conception du travail et du repos? Pour rappel, la logique du travail dominical est un «temps suspendu», selon la belle expression de la philosophe Chantal Delsol, que l’on a brisé pour augmenter le dividende des actionnaires. Constat globalement neutre, mais qui a le mérite de la lucidité. Au reste, cette augmentation est bien relative: il a suffisamment été démontré que le «report de consommation» n’accroissait pas ou très peu le chiffre d’affaire d’un magasin. Comme le disait très justement Etienne Neuville, vice président du collectif des Amis du dimanche, «Bricorama n’a pas vu s’envoler le nombre de perceuses vendues» après sa permission d’ouverture le dimanche. Il est certain en revanche qu’il conduit le petit commerçant à se serrer plus méchamment la ceinture.
 
Selon l’évangile de Matthieu, les chrétiens ne peuvent servir Dieu et Mammon à la fois, qu’on traduit plus trivialement par «Dieu et l’argent». Sa version moderne pourrait être celle-ci: les chrétiens ne peuvent servir Dieu et Macron à la fois. Et ce n’est pas monsieur Mélenchon qui le dit.

 
Plusieurs experts craignent une hausse des tarifs avec la généralisation des ouvertures dominicales. Le ministère de l’Economie se montre prudent.

Bérangère Lepetit | 22 Févr. 2015, 07h00 | MAJ : 22 Févr. 2015, 05h15
  
Paris (IXe), décembre 2014. L’ouverture des commerces le dimanche entraînera des compensations salariales et les enseignes pourraient abaisser leurs marges… ou augmenter les prix.  (MAXPPP/Thomas Padilla.)
Une hausse des prix en France d’au moins 4 % si les commerces ouvraient le dimanche ? Ce scénario fait bondir Bercy alors que le gouvernement vient de faire passer en force la loi Macron sur la…
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Quel est le projet de société dessiné par la Loi Macron ? Une société où les enfants doivent rêver d’être milliardaire quand les travailleurs sont exploités et l’environnement dégradé.
Avec sa loi, le ministre de l’économie veut ramener la France au XIXe siècle. Si nous aimons lire Zola et Dickens, nous voulons aujourd’hui vivre pleinement dans une France du XXIe siècle, où chacun trouve sa place, où personne n’est oublié.
Vous avez peut-être vu passer des sondages qui prétendent que les Français soutiennent le projet de loi Macron. Que leur a-t-on dit de ce projet ? Il y a bien sûr quelques mesures d’intérêt général. Mais quelle est la forêt qui se cache derrière ces petits arbustes ? Quel est le projet de société dessiné par la Loi Macron ? Une société où les enfants doivent rêver d’être milliardaire quand les travailleurs sont exploités, l’environnement dégradé et dans laquelle le labeur de chacun ne bénéficie qu’aux grands trusts.

Bien sûr, ce projet n’est pas affiché. Il faut creuser sérieusement, et additionner toutes les mesurettes de ce catalogue, pour voir toute la noirceur de l’avenir que nous façonne M. Macron.

Les articles 27 à 29 rabotent les normes environnementales. Les conséquences sont connues : à chaque désastre écologique, l’Etat, donc chacun de nous, paiera de sa poche les dégâts. Le gouvernement en profite aussi, via un amendement, pour décider du projet de trente milliards d’euros d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure!

L’article 49 prévoit de récidiver, en matière de vente au privé, avec les aéroports de Nice et de Lyon et ainsi de brader un peu plus les infrastructures publiques que nous avons tous financées. S’il y a des acheteurs, c’est que c’est rentable. Si c’est rentable, pourquoi vendre ?

Les articles 71 à 82 créent le travail en soirée pour moins payer les salariés, et permettent aux commerces d’ouvrir le dimanche. Le dimanche, les Français n’auront pas plus d’argent à dépenser que les autres jours. Les seuls effets prévisibles sont la mort des petits commerces et un rythme de vie intenable pour les salariés qui travailleront. Qui gardera les enfants de ceux contraints d’accepter de travailler le dimanche ? Comment vivront les associations et les clubs sportifs quand leurs membres seront dans les magasins pour travailler ? La loi prévoit que seuls les volontaires seront concernés. Les salariés, et notamment les femmes, ne sont pas en position de dire non à leur employeur, quand la menace du licenciement est aussi forte qu’aujourd’hui.

Le Président François Hollande est à nouveau en flagrant délit de mensonge. Il déclarait durant sa campagne : «Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai !»

Les articles 98 à 106 visent à faciliter les licenciements collectifs en affaiblissant la protection des salariés. Ils s’attaquent à l’Inspection du travail et aux prud’hommes et vident de leur sens les «Plans de sauvegarde de l’emploi».

Depuis la suppression de l’autorisation administrative des licenciements en 1986, aucun emploi n’a été créé par la facilitation des licenciements. Les progrès technologiques permettent de produire avec moins de travail humain. Nous devrions nous en réjouir et permettre à chacun de travailler moins, au lieu de pousser chaque jour des chômeurs à chercher des postes qui n’existent pas.

Toutes les prétendues solutions du ministre de l’économie ont déjà fait la preuve de leur échec. Nous nous opposons au projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Nous espérons que les Français ouvriront les yeux devant ses vrais enjeux.

La seule croissance que M. Macron nous promet, c’est celle du nombre de chômeurs.

La seule activité que M. Macron nous promet, c’est de nous épuiser la nuit et le week-end.

La seule égalité des chances économiques que M. Macron nous promet, c’est celle d’être soumis au monde de la finance.

Non vraiment Monsieur Macron, la société que vous préparez n’est pas la nôtre.

Signataires : Clémentine Autain (porte-parole d’Ensemble ! pour une alternative écologique et solidaire à gauche), Marie-George Buffet (députée, Parti communiste français), Jacqueline Fraysse (députée, groupe Gauche démocrate et républicaine), Caroline de Haas (Egaé, d’égal à égale), Anne Le Strat (co-porte-parole du mouvement Utopia), Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises de l’écosocialisme, Parti de gauche), Michèle Rivasi (députée européenne, EELV)

La droite en avait rêvé, et comme pour beaucoup de choses, depuis 2012, le Parti socialiste l’a fait. Le travail le dimanche sera probablement généralisé au nom de la liberté. Il y aura bien quelques frondeurs pour se battre sur le poids des chaînes, à savoir le nombre de dimanches ouvrables dans l’année et le pourtour des zones touristiques mais il semble bien que la messe soit dite.
Puisqu’on parle de messe, d’ailleurs, on aimerait bien de nouveaux entendre les cathos ou les protestants. Je suis certain qu’avec un peu d’effort, ils pourraient se mobiliser avec la même force impressionnante que contre le mariage pour tous. Finalement, s’ils voyaient dans l’union devant le maire de deux hommes ou de deux femmes « une mutation anthropologique majeure », on leur rappellera que la fin du dimanche devrait l’être tout autant à leurs yeux.  Construire une société où l’idée de la liberté se résume à celle de consommer, y compris  le dimanche et les jours fériés, voire surtout le dimanche et les jours fériés, n’est pas non plus un petit changement.  C’est quand même soumettre la vie de ceux qui travailleront et de ceux qui ne travailleront pas à un temps marchand qui n’a rien à voir avec celui de l’amour, de la famille, de l’amitié, de la réflexion et du repos, Dieu lui-même ayant montré l’exemple dans la Genèse. Mais quelque chose nous dit qu’il ne faudra pas trop compter sur le Printemps français ou les Veilleurs pour monter au créneau avec la même virulence ou la même énergie. On pourra compter sur des évêques, surement, parce que c’est tout de même un peu leur affaire aussi, alors que les églises sont désertées, de voir leurs ouailles se  consacrer plutôt aux caddies qu’au caté.
Gageons qu’à ce moment-là, de bons esprits invoqueront la laïcité. Elle sert beaucoup ces temps-ci, la laïcité, même si on a de plus en plus de mal à la définir. Quoi, quels sont ces affreux curés qui veulent intervenir dans nos vies ! On croyait s’être battus pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat et que les choses étaient réglées depuis la loi de 1905, même si on pourrait trouver plus urgent, par les temps qui courent, de faire voter une loi séparant la vie et la marchandise et désignant à la seconde le périmètre qui est le sien pour ne pas coloniser la première.
Mais la liberté, on vous dit ! Et pour la défense des libertés, ils sont champions les socialistes ! Le Medef ne pouvait pas rêver meilleure partenaire, par exemple, que la députée Colette Capdevielle. Avec un mélange de vieux populisme qui joue la Province contre Paris et un soupçon de mépris pour la culture, cette dame refuse qu’on organise ses dimanches et que « l’on statue dans nos vies de manière intrusive ». On pourrait jouer aussi la carte du populisme, avec madame Capdevielle, et lui répondre qu’elle n’est probablement pas smicarde ou précaire et que donc elle ne vivra pas comme une obligation ce qu’elle présente comme une liberté, évidemment.  Mais on préférera lui faire remarquer que sa formulation est profondément absurde. Ce qui est intrusif, en bonne logique, c’est ce qui vient perturber ce qui existe. C’est le travail du dimanche qui est intrusif,  c’est Macron qui est intrusif et pas le fait de vouloir consacrer son dimanche à jouer aux boules, à lire, à voir un musée voire à s’ennuyer car l’ennui est aussi un droit de l’homme.
À moins qu’il y ait une autre explication à cet acharnement de la députée Capdevielle à vouloir faire travailler le dimanche. Etant donné la très probable raclée électorale que vont se prendre les socialistes dans un mois et demi, le travail le dimanche est un moyen comme un autre de rétablir le suffrage censitaire.
Au moins, pendant qu’ils bosseront, ces salauds de pauvres n’iront pas voter FN…