Pour les frondeurs, "Manuel Valls est illégitime"

Pas question pour les frondeurs de franchir la ligne rouge, et donc de voter la censure déposée par droite. Le député socialiste François Lamy, bras droit de Martine Aubry, le dit clairement: "Je souhaite que ce gouvernement réussisse. Tout n’est pas noir ou blanc. Il y a entre nous et le gouvernement plus de convergences que de divergences". Alors pourquoi ce psychodrame sur le vote de la loi Macron? Pourquoi cette guerre incessante à coups de menaces et d’abstentions? Les frondeurs peuvent-ils éternellement prendre le gouvernement en otage? Peut-on être à la fois dedans et dehors, faire partie de la majorité et s’opposer à un texte symbolique du gouvernement?

La gauche qui ne sert à rien

D’ailleurs, les hollandistes ont donné de la voix. Limite menaçants. "Chacun aura à se rappeler qu’il a été élu dans le cadre d’une majorité après une présidentielle", a tonné le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, qui a par ailleurs qualifié les frondeurs de "soi-disant députés". Le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Bruno Le Roux a affirmé que les députés frondeurs avaient "franchi un cap dangereux, une sorte de ligne rouge". Ajoutant: "S’ils se disent aujourd’hui membres du PS, ils doivent en respecter au moins les règles". Quant à Emmanuel Macron, il a fustigé les députés frondeurs, parlant de "la gauche qui ne fait rien, qui ne sert à rien".

Ligne du parti

Ambiance! Mais pas de quoi intimider les frondeurs. "Si vous reprenez la position du PS, et les 60 propositions de François Hollande, c’est nous qui sommes respectueux de la ligne du parti, affirme Christian Paul. Et Manuel Valls qui est illégitime!". Et de rappeler par exemple, que sur le travail du dimanche, il y a un mois, le bureau national du PS avait tranché en faveur de 7 dimanche et pas 12! "La démocratie repose sur des règles, renchérit François Lamy. J’ai été élu sur des propositions. Bien sûr elles peuvent évoluer, mais ce n’est pas seulement le groupe ou le gouvernement qui décide!".

Les frondeurs sont d’autant plus remontés, que dès vendredi 13, ils ont alerté Emmanuel Macron, et appelé à une négociation sur certains points, comme le licenciement dans le cadre d’un groupe, les zones touristiques, le nombre de dimanche… "Cela n’aurait pas compromis la croissance!". Ils ont fait des contrepropositions qui n’ont même pas fait l’objet d’une discussion. "Manuel Valls a voulu passer en force, en misant sur l’appui d’un certain nombre de parlementaires de droite, qui se sont défaussés. Il a pêché par assurance", conclut Christian Paul.  

En ayant recours au 49-3, pour faire adopter la loi Macron, le gouvernement sauve les apparences. Il affirme ainsi, notamment vis-à-vis de Bruxelles, sa volonté d’engager des réformes. Mais l’avenir apparaît compliqué! 

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