Le reniement orthogonal de M. Macron

Sans aucune honte de renier orthogonalement la parole du parti Socialiste, le groupe PS de l’Assemblée Nationale a voté l’article 80 du projet Macron, qui entérine la dérégulation du travail dominical entamée par MM. Mallié et Sarkozy.

Il faut cependant saluer le travail d’un certain nombre d’élus qui, par les amendements qu’ils ont déposés, permettent de diminuer certains des dégâts du projet Macron. En 2009, M. Mallié nous expliquait que sa loi, appportant une modernisation et une rationalisation d’une "loi vieille d’un siècle", était urgente et indispensable à la France. Aujourd’hui, M. Macron qualifie la loi Mallié de "largement illisible et injuste" : quant à nous, nous n’avons pas besoin d’attendre la prochaine législature pour affirmer que le travail de M. Macron est honteusement bâclé.

Il est tout de même invraisemblable qu’un sujet comme le travail du dimanche, dont tout le monde sait pertinemment qu’il ne créera ni croissance ni emploi – le dernier en date à avoir confirmé cette certitude n’est autre que le directeur général d’Auchan – soit présenté comme "le point clé de la loi Macron". A ce jour, personne, et spécialement pas le travail indécent de France-Stratégie, n’a relevé notre défi public, qui est de démontrer que le travail du dimanche crée un seul emploi net.

Si c’est un point-clé, et que ce point-clé est imposé avec autant de rigidité par un Emmanuel Macron droit dans ses bottes, au mépris du risque des destructions d’emplois prévus par le CREDOC et observés par la confédération patronale CONFESERCENTI, au mépris de la très large majorité de salariés qui ne veulent pas travailler régulièrement le dimanche, a fortiori sans compensation, quel est l’objectif recherché par M. Macron ?

Est-il seulement de complaire aux actionnaires de LVMH, pour lesquels il a inventé le concept de ZTI (acronyme signifiant ZoneTout à fait dérogatoire réservée à quelques amis Influents) ? Est-ce pour complaire aux intérêts de la grande distribution, qui voit ici une opportunité de phagocyter les parts de marchés de la distribution de proximité, alors même que la grande distribution a d’ores et déjà prévenu qu’elle ne créerait aucun emploi ? Est-ce pour la satisfaction d’humilier Mme Hidalgo, ou de recevoir les félicitations de M. Attali ? Est-ce pour soigner un ego malmené par sa défaite face aux notaires ?

Peut-être le prochain emploi de M. Macron nous éclairera-t-il sur ce point. En attendant, nous poursuivrons sans relâche notre action de protection du droit au repos hebdomadaire et à la liberté dominicale, que les attaques viennent de droite ou de gauche.

Etienne NEUVILLE
Sécrétaire Général du CAD 
14/2/15 

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