INFO METRONEWS – Travail dominical : la gauche parisienne ne suivra pas le gouvernement

 
CONSOMMATION – Une mission d’information doit rendre ses conclusions dans les prochains jours sur l’opportunité d’étendre le travail dominical à Paris. La majorité de gauche, qui se réunit ce lundi pour entériner une position commune, planche sur une extension très limitée des dérogations. Aux antipodes du projet de loi Macron, qui veut créer de nouvelles zones touristiques.
 

 
En menaçant d’imposer par décret l’extension du travail dominical, le gouvernement précipite surtout une fronde des élus parisiens. La mission d’information et d’évaluation lancée en juin par Anne Hidalgo a mis le turbo pour rendre ses conclusions avant le 11 décembre – plus tôt que prévu – et prendre de vitesse le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, dont le projet de loi visant à étendre les "zones touristiques" dans la capitale sera examiné en conseil des ministres à la mi-décembre. Un violent bras de fer en perspective entre la Ville de Paris, outrée qu’on décide à sa place, et le gouvernement.

Si les conclusions des élus parisiens ne sont pas arrêtées, le PS et ses alliés au sein de la mission pourraient entériner ce lundi une position commune. Contactée par metronews, Danièle Premel, membre PCF de la mission, et très hostile au travail dominical, se réjouit. "On s’oriente vers un accord qui ne va pas dans le sens de la loi", croit savoir la conseillère de Paris. Les élus tiennent déjà un consensus qui va jusqu’à l’UMP : ils réaffirmeront que c’est à la maire de Paris, et non au gouvernement, de trancher sur le sujet.

Extension à la marge

Deuxième cible : l’extension des zones touristiques. Les conclusions de la majorité de gauche au sein de la mission aboutiraient, au mieux, à une extension "très à la marge" des zones actuelles, voire à la suppression d’une zone, celle du Viaduc des Arts (XIIe), jugée peu concluante. Pas question, a priori, d’étendre l’ouverture dominicale aux grands magasins (IXe) ou encore à Bercy (XIIe), revendication du grand patronat appuyée par le projet de loi Macron. "L’intérêt économique de ces extensions n’est pas démontré", juge Danièle Premel. Une position aux antipodes des déclarations de Nathalie Kosciusko-Morizet, la présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, qui souhaite étendre cette zone touristique à tout Paris. "A gauche, il y a unanimité contre l’ouverture des grands magasins le dimanche", confirme Yves Contassot, conseiller EE-LV, également membre de la mission.

La gauche parisienne ne s’est pas encore accordée, en revanche, sur deux autres propositions du gouvernement : l’ouverture dominicale dans les gares parisiennes, et le nombre de dimanches ouverts à titre exceptionnel, qui passerait de 5 à 12 par an. Selon Yves Contassot, PCF et EE-LV s’y opposent frontalement, alors que le PS serait disposé à sept nouvelles ouvertures par an, à la discrétion du maire. Contactée dimanche, la Ville reste sur sa ligne : pas question de s’exprimer avant la remise du rapport… Le silence est déjà rompu dans la majorité.

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