Soldes : Petites manipulations autour du travail du dimanche ?

Marianne2, 11/1/12

Obsession du Président de la République, le travail du dimanche ne fait pas recette. Frédéric Lefebvre et Xavier Bertrand ont décidé de profiter du lancement des soldes pour essayer de l’imposer, avec quelques arrières pensées électorales.

N’ayant aucune réponse à donner aux français en termes de bas salaires et de faible pouvoir d’achat, notre vibrionnant secrétaire d’Etat au Commerce, Frédéric Lefebvre souhaiterait imposer les soldes comme arme anti-crise. 

Néanmoins, cette année, les français risquant de se limiter aux achats indispensables, comme notamment habiller leur famille à petit prix. Notre ministre a l’ambition de transformer Paris et le grandes villes françaises en concurrentes de Londres ou de Milan pour ce qui concerne le tourisme des soldes.

Le seul problème selon Frédéric Lefebvre étant que : « nos commerces ne sont pas ouverts le dimanche » 

Ah, le travail du dimanche ! Pour ceux qui l’auraient oublié, il est indispensable de se souvenir que c’est Nicolas Sarkozy qui avait lancé le débat en 2009. Et de quelle façon ! 

En effet, au cours d’un colloque à la Défense, le Président nous créditait d’une anecdote écrivait Libération : Lorsque Barack Obama accompagné de sa famille était en visite en France pour les célébrations du 65e anniversaire du Débarquement, son épouse avait souhaité faire du shopping à Paris … un dimanche. 

Or, expliquait Nicolas Sarkozy : « Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? » ce qui lui permettait de réclamer un assouplissement des règles du travail dominical ! Ajoutant : « Il ne s’agit pas de dire que tout le monde va travailler le dimanche, je n’ai jamais dit ça(…) » mais « (…) avec 80 millions de touristes par an, ça fera un jour de plus où, dans les zones de tourisme, il y a aura de la croissance » 

Or, entre temps, devant le peu d’engouement des petits commerçants et les nombreuses actions en justice des syndicats contre les ouvertures de grandes surfaces et supérettes, il faut dire que l’enthousiasme de départ était bien retombé. 

C’est donc profitant de l’ouverture des soldes d’hiver que 2012 que Frédéric Lefebvre et Xavier Bertrand ont lancé leur offensive. 

Pour Lefebvre, il faut impérativement : « Autoriser les commerçants qui le souhaitent, à ouvrir le premier dimanche des soldes (…) Je ne me fais pas à l’idée que, dans ce moment où nous avons besoin d’aller chercher la croissance, on laisse d’autres capitales, comme Londres ou Rome maintenant prendre la place de Paris (…) » 

Xavier Bertrand de son côté n’y va pas par quatre chemins : « (…) La loi que nous avons votée constituait un pas en avant, mais elle n’apporte pas encore toutes les possibilités pour les salariés qui souhaiteraient travailler le dimanche et les employeurs qui souhaiteraient ouvrir (…) » 

Par contre, pas un mot sur le fait que les articles qui n’ont pas trouvé preneurs soit parce qu’ils étaient jugés trop chers par ceux qui pouvaient l’acheter ou inaccessible aux budgets serrés se vendraient mieux si leur prix était plus bas le reste de l’année. 

Mais là, répondront-ils en choeur, impossible d’intervenir dans un marché régulé par la libre concurrence ! 

Alors, pourquoi relancer le débat du travail dominical ? 

Tout d’abord pour satisfaire l’égo de quelques lobbies patronaux et récupérer le vote de quelques commerçants et boutiquiers désireux de faire travailler leur personnel le dimanche. 

Et surtout, campagne présidentielle oblige, essayer de faire croire que les maires de gauche des grandes villes qui refusent d’accorder des dérogations d’ouverture, à commencer par Paris, sont des ennemis de la croissance et de l’emploi. 

Ce qui est censé faire oublier les promesses … en attente du président du pouvoir d’achat et du travailler plus pour gagner plus ? 

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