Banderoles et clameurs du Paris-Roubaixpour la première ouverture dominicale de l'Usine…

lundi 12.04.2010, 05:08 – La Voix du Nord

10 heures, hier, dimanche, avenue Alfred-Motte. La situation est encore à peu près tenable… …

Mieux vaut pourtant déjà suivre les panneaux de déviation pour accéder au temple de la consommation dominicale : l’Usine. Car en ce jour de Paris-Roubaix, c’est la première des dix ouvertures autorisées par la municipalité chaque année. Et cela est loin de faire l’unanimité. Dans un magasin d’articles sportifs, le directeur et le directeur adjoint sont aux commandes : les sept salariés, suivant les consignes de leur syndicat, ont refusé de venir travailler le dimanche…

Devant la porte d’entrée, avenue Motte, les banderoles de la CGT flottent dans le soleil. « Nous distribuons des tracts aux clients, pour leur faire comprendre qu’eux se promènent, et que le prix à payer, c’est de faire travailler des gens qui n’en ont pas forcément envie. Seraient-ils d’accord pour travailler le dimanche ?…, explique le délégué Abdelkrim Abdesselam. La directrice de l’Usine est déjà venue nous voir… Elle a peur que nous fassions peur aux clients ! Nous lui avons dit qu’il n’y aurait pas de jaloux : dimanche prochain, nous serons à McArthurGlen pour leur première ouverture dominicale. Elle nous a répondu : « Oui, j’espère bien ! » Nous ne lâcherons pas, parce qu’après les gens de l’Usine, il y en aura d’autres. On va aller vers la banalisation du travail dominical. » Mais les clients ne sont guère nombreux… Dans les magasins, ceux qui sont en poste ne comprennent pas le choix de cette date. « Avec le Paris-Roubaix qui passe devant l’Usine, les gens ne viendront pas cet après-midi ! Tout va être barré et il n’y aura pas moyen d’y d’accéder, ni de se garer. Les spectateurs qui se masseront sur les trottoirs auront bien d’autres choses en tête que de venir faire des emplettes ! À la rigueur, boire une bière et manger une frite, mais acheter, non. Alors nous sommes là pour quoi ? Pour faire du gardiennage ?Oui, je préférerai être chez moi, en famille.

 » Et si certains sont payés double et récupèrent leur journée, tous n’ont pas cette chance. « Tous les magasins ne sont pas ouverts. Il n’y a pas eu d’accord : hier mon patron n’était même pas au courant de l’ouverture de l’Usine ce dimanche ! Alors je suis venue, simplement pour soutenir mes camarades qui sont obligés de travailler. » • M. D.

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