11 novembre Pas férié pour tout le monde

L’Union, 11/11/09

Les jours fériés deviennent-ils des jours comme les autres ? Si l’on regarde l’activité commerciale dans les zones périphériques, la réponse est clairement oui. En centre-ville, les portes closes sont nettement majoritaires.

SE FAIRE couper les cheveux un 11 novembre ? Bien sûr que c’est possible. À condition de se rendre dans une galerie marchande de grande surface. Hier, les parkings de la zone commerciale de Croix-Dampierre n’avaient rien à envier, en terme de remplissage, à celui d’un samedi de début de mois.

Si tous les commerces du secteur n’étaient pas ouverts, ceux qui avaient choisi de travailler ont fait leur beurre. « Pour moi, pas question de fermer à cette période de l’année, explique Sébastien Dumont, le responsable de King Jouets pour lequel la période de Noël est officiellement lancée depuis le 26 octobre. Cette journée est équivalente à un très bon jour de semaine. »

Même version du côté de la galerie de la grande surface. Là, les boutiques fonctionnent avec l’enseigne de grande distribution et doivent suivre le mouvement. Ce qui leur apporte des satisfactions. Même si, dans le détail, certains affirment qu’à tout prendre il vaudrait mieux n’ouvrir que l’après-midi et fermer plus tard. « Là, nous ouvrons de 10 heures à 18 heures mais par expérience nous savons que les clients vont arriver en fin d’après-midi », souligne Anna Bernard, responsable du magasin Devred.

Au bonheur des clients

Mohamadi Nassur n’est pas de ceux-là. Le jeune homme, qui est venu de Sézanne, profite du jour férié pour faire ses achats et il n’a pas l’intention d’attendre la fermeture du magasin pour se décider. « Je suis venu un peu par hasard car je ne savais pas si c’était ouvert. Je trouve cela très profitable pour moi que les magasins soient ouverts car c’est un jour où je ne fais rien alors qu’en semaine, je n’ai pas trop le temps. »

Si chaque enseigne a ouvert quelque peu en ordre dispersé – à l’exception de celles de la galerie – les clients, eux, semblent s’être adaptés aux horaires. En fait, ils ont surtout sauté sur l’occasion. « Nous ne savions pas si les magasins seraient ouverts, nous avons tenté notre chance », explique ce couple en quête de cadeaux de Noël.

Au centre-ville, en revanche, il n’y avait pas assez de vitrines illuminées pour apporter un peu de lumière au temps triste et gris. Rue de Marne, on se serait cru un dimanche. Toute seule non loin de la GHV, la boutique Mim était la seule à ouvrir en grand ses portes aux clientes. Et avec un réel succès. « C’est un test. L’an dernier, nous n’étions pas ouverts le 11 novembre, explique Carole Jennequin. En fait, nous avons constaté que quand nous ouvrons un jour férié en même temps que les autres commerces, nous faisons environ 300 euros de recette dans l’après-midi. Si nous sommes les seuls, nous multiplions par trois ! »

Du coup, elle ne court pas après une entente des commerçants et savoure une plus grosse part de gâteau ! Pendant que les autres profitent du férié, elle travaille avec le sourire… pour le plus grand plaisir de ses clientes. Un choix qui pourrait bien payer à court comme à long terme.

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