Commerces ouverts le dimanche, Roubaix y va à petits pas…

La Voix Eco, 18.10.2009, 05:02

La vie d’un responsable politique est parfois faite de choix déchirants entre les positions de principe et les exigences de la réalité. René Vandierendonck et l’ensemble de sa majorité municipale en ont encore fait l’expérience, jeudi soir, lors du dernier conseil municipal.

Le maire de Roubaix est intrinsèquement hostile à la généralisation du travail du dimanche telle que l’a définie la loi promulguée au mois d’août, dans les zones frontalières et périmètres d’usage de consommation exceptionnels (PUCE), mais il est aussi parfaitement au courant des réalités économiques de sa commune. C’est pourquoi il a finalement opté pour une solution a minima permettant de lâcher un peu de lest auprès des enseignes roubaisiennes (notamment les centres de magasins d’usine) sans se mettre à dos ses amis socialistes qui, dans la métropole lilloise, restent très partagés sur la question.

Un choix politique

Cette solution consiste en une autorisation supplémentaire de cinq dimanches par an par rapport à l’ancienne réglementation, ce qui porte le nombre d’ouvertures dominicales autorisées à dix. Dans les faits, il ne s’agit réellement que de trois ou quatre ouvertures supplémentaires puisque McArthur Glen et l’Usine, notamment, obtenaient régulièrement des dérogations pour un ou deux dimanches de « rab » lors des périodes de soldes.

Le choix de cette solution a été clairement assumé par le maire lors du conseil municipal de jeudi (appelé à se prononcer sur le changement de réglementation commerciale) puisqu’il a lui-même présenté la délibération, quand bien même elle entre normalement dans le périmètre de compétences de l’adjoint à l’économie Arnaud Verspieren. « Je reste personnellement opposé à cette loi élargissant le recours au travail le dimanche, mais nous ne pouvons ignorer la réalité », a précisé René Vandierendonck. Le texte de la délibération adoptée citant en vrac le commerce sur Internet, les pratiques dominicales commerciales belges et les risques de distorsion de concurrence que créeraient des réglementations communales plus souples dans les communes voisines… On pense évidemment à Wasquehal et Leers et leurs centres commerciaux respectifs.

Une position « centriste » ?

Il ne fallait pas s’attendre à ce que cette position « mi-chèvre mi-chou » emporte l’adhésion du côté des opposants. Les Verts, par l’intermédiaire de Christian Carlier, ont pointé du doigt « le double langage » du PS et du maire « qui se disent hostiles à la banalisation du travail dominical, mais finissent par l’accepter de façon hypocrite et en cherchant de bonnes excuses ».

À l’autre bout de l’échiquier politique, l’UMP Max-André Pick a également pointé les atermoiements de la majorité, constatant avec ironie que « l’idéologie ne fait pas bon ménage avec la réalité ». Il a néanmoins salué ce premier mouvement, demandant dans la foulée que la rue de Lannoy, la place de la Liberté et la Grande-rue soient ajoutées au périmètre PUCE. Une demande poliment ignorée par l’adjoint à l’économie Arnaud Verspieren qui, en bon centriste, s’est borné à noter que la position de la majorité devait être la bonne « puisque les deux oppositions y trouvent à redire ».

Reste à savoir désormais quelles seront les décisions des autres communes de l’agglomération. Tous les maires du secteur ne sont pas au PS, et certains pourraient être tentés de jouer la surenchère. Dans ce cas, il y a fort à parier que le premier pas mûrement réfléchi que vient d’effectuer la ville de Roubaix sera rapidement suivi d’un second.

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