Les manifestants mercenaires de Casto bloquent la nationale 184

Une nouvelle fois, les salariés de Castorama, transformés pour l’occasion en manifestants-mercenaires, ont utilisé les moyens mis à leur disposition par Casto pour troubler l’ordre public.

Pour la petite histoire, le Casto en question a obtenu une dérogation préfectorale mercredi dernier et pouvait donc ouvrir dimanche…

Le Parisien – Arnaud Baur | 02.02.2009


ERAGNY-SUR-OISE, NATIONALE 184, HIER MIDI. Des employés de Castorama et quelques salariés de Toys’R’Us ont installé un barrage filtrant et distribué des tracts aux automobilistes pour les informer sur leur situation.
(LP/A.B.)

Une centaine de salariés de Castorama Eragny ont bloqué le trafic de la N 184 pour protester contre la fermeture de leur magasin le dimanche par décision de justice.

« On-veut-tra-vailler-le-dimanche… On-veut-tra-vailler-le-dimanche ! ». Le slogan crié au mégaphone par les employés de Castorama ne pouvait pas être plus clair. Hier matin, une centaine de salariés du magasin d’Eragny, soutenus par des collègues d’Ezanville, de Gonesse (magasins déjà contraints de fermer) et de Cormeilles-en-Parisis (encore ouvert) ainsi que des confrères du Toys’R’Us ont bravé le froid glacial et manifesté aux abords du centre commercial Art-de-Vivre.

Vers 11 heures, toutes pancartes dehors, le cortège a bloqué la nationale 184 ainsi que différents accès et ronds-points aux alentours. 

« Jamais je n’aurais pensé être privé de mon emploi »

Un camion Castorama en travers de la voie de droite, un barrage filtrant mis en place et une distribution de tracts aux automobilistes, les Casto tiennent à informer les gens sur leur situation. « Jamais je n’aurais pensé être privé de mon emploi à cause d’une organisation syndicale, tempête Julien, étudiant en droit à Paris et distribuant des tracts aux automobilistes. Je ne bosse ici que le dimanche et cela me permet de me payer ma chambre et mon transport. Ce n’est vraiment pas pour l’accessoire. » L’atmosphère reste cependant bon enfant et les conducteurs réagissent plutôt bien à ce blocus qui a occasionné plusieurs centaines de mètres de bouchon en direction de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) jusqu’à 12 h 15. « On est solidaire, approuve l’un d’entre eux. Le pouvoir d’achat est au plus bas et on leur retire encore des sous. »

En raison de l’action judiciaire pour travail dominical illégal, lancée par le syndicat Force ouvrière, c’est le troisième magasin Castorama du département à être contraint de fermer le dimanche, après ceux d’Ezanville et de Gonesse, sous peine de payer une astreinte de 100 000 €. « Nous demandons du concret, on en a assez des promesses, fustige Michèle Frizl, porte-parole des employés et de la Confédération générale des salariés du dimanche. C’est urgent désormais que les politiques votent la loi. Cela concerne 88 personnes dans notre magasin. Il y a des situations sociales qui vont devenir graves. Certains perdront jusqu’à 350 € de salaire par mois. » Ce que réfute Vincent Lecourt, avocat de FO sur ce dossier. 
« Pour des raisons contractuelles, l’employeur, ici Castorama, est tenu de maintenir leurs conditions salariales. Ceci, même si la personne ne travaille pas le dimanche car ce n’est pas le fait du salarié. »

Enfin, côté clients, la déception était de mise. « On venait faire des gros achats pour notre maison, commentent Nadia et Christophe, clients désappointés devant la grille baissée. C’est dommage car faire ce genre de courses le dimanche était très pratique. »

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