Monoprix ouvre désormais le dimanche matin

A la faveur de la polémique déclenchée par la proposition Mallié, certains commercants découvrent que la règlementation actuelle, qui a fait la preuve de son équilibre et de son pragmatisme, leur permet d’ouvrir parfaitement légalement le dimanche. Et c’est heureux.

Ma Ville.com, Le Mans, 10 janvier 2009

L’enseigne de la place de la République fait concurrence à la messe. Sans avoir besoin de nouvelle loi sur le travail du dimanche. Explications.


Cédric Ruffin, directeur du Monoprix de la place de la République. Désormais, le magasin ouvre le dimanche matin.

Cédric Ruffin assure répondre à « une vraie demande ». Le directeur du Monoprix de la place de la République a décidé d’ouvrir son magasin le dimanche. De 9 h à midi, dans un premier temps. Puis, jusqu’à 13 h, grâce à une demande déposée en préfecture et qu’il espère obtenir très vite.

Anticipation sur la loi voulue par le président Sarkozy, celle qui met le feu à l’Assemblée nationale ? Pas du tout. Pour ce qui concerne la distribution alimentaire, la réglementation est ancienne « Les établissements qui exercent, à titre principal, la vente de denrées alimentaires au détail » peuvent ouvrir le dimanche et faire travailler leur personnel ce jour-là. Monoprix ne vend pas que de l’alimentaire. « Mais l’alimentaire représente plus de la moitié du chiffre d’affaires, donc la possibilité d’ouvrir le dimanche est de droit »,explique Cédric Ruffin.

« Une forte demande »

C’est la même réglementation qui permet au voisin U Express, avenue de Gaulle, ou aux différents Marché Plus des quartiers d’ouvrir le dimanche. En théorie, Auchan, Leclerc ou autre Carrefour peuvent aussi ouvrir le dimanche, si l’alimentaire représente plus de la moitié de leurs recettes. Sauf qu’ouvrir un dimanche a un coût et que ce n’est pas forcément rentable au milieu d’une zone commerciale où toutes les autres enseignes sont fermées.

Pour le Monoprix, « c’est en discutant avec les commerçants de la place de la République que j’ai compris qu’il y avait une forte demande », relate Cédric Ruffin. « Le tramway roule, la place est refaite mais elle manque un peu d’animation. Un commerce comme le nôtre qui ouvre, c’est du monde en plus. »

Côté clientèle, c’est clairement le haut de gamme qui est visé « Des habitants du centre-ville qui se font plaisir au rayon alimentation. »

Pas question pour autant de tendre le climat social de l’entreprise. Pour la forme, la quarantaine de salariés s’est vue proposer de bosser le dimanche, mais sans la rémunération doublée qui accompagne les dimanches de fêtes travaillés en décembre.

« Quelques-uns ont proposé de dépanner ponctuellement. De toute façon, il était prévu dès le départ de faire travailler des étudiants. » Formées en décembre, les hôtesses de caisse du dimanche seront au boulot demain.

Ouest-France

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